A la découverte des steppes mongoles

Notre 1ère expérience d’Oulan-Bator est un avertissement pour le reste de notre séjour : tout ici peut vite devenir compliqué !

Arrivée à Oulan-Bator et visite du temple

Nous débarquons fraîchement du train un samedi matin à 7h et on se dit naïvement qu’on trouvera un café pour prendre un petit dej’. D’autant que l’on nous propose des transferts vers notre Guest house qui sont hors de prix, donc on se dit qu’on va marcher. Le trajet à pied prend 50 min avec une pause au milieu ça nous paraît jouable… On mettra finalement 2h30 à trouver un café ouvert et qui sert quelque chose à manger !

En fait les mongoles commencent à travailler tard la semaine et très tard le week-end… On l’a appris à nos dépens et constaté pendant le reste du séjour.

Pour notre séjour nous avons dans l’idée de parcourir 3 régions du pays : le parc de Terelj, le centre du pays vers Harorin et l’ancienne capitale Karakorum, et enfin le Gobi. Et puis on veut vivre quelques jours avec une famille nomade. Voilà le plan, mais rien n’est réservé. Alors on se renseigne à notre arrivée, auprès de notre Guest House et des autres voyageurs que l’on rencontre.

Randonnée dans le parc de Terelj

Ici les infrastructures ne sont pas bonnes, et le tourisme est quasi exclusivement organisé en tour. Ces tours, plus ou moins longs, sont organisés par des sociétés ou par les guest houses. On a vite compris que notre contrainte de voyager avec un enfant allait prendre tout son sens ici… Les tours sont organisés pour des adultes capables d’endurer des heures de voitures sur les pistes cabossées. Pas pour une enfant de 20 mois qui a besoin de bouger.

Pour notre 1ère excursion, on fait simple. Le parc de Terelj près de Oulan-Bator nous semble un bon lieu d’entraînement pour la suite. On ne sait pas bien comment on va y aller mais en discutant avec Gaëlle que nous avons retrouvée, elle nous dit que son hôte peut nous aider. Et quelle aide ! Il nous trouve un chauffeur pour nous emmener et nous ramener à moindre frais et nous prête du matériel de camping.

Et 2 jours plus tard nous voilà partis !

Arrivée fraîche à Terelj

Notre arrivée nous fait douter, il fait très froid, et le vent souffle fort. Dans ces conditions le camping sauvage s’annonce compliqué. Mais on se met en route avec notre chargement pas du tout adapté à randonner… On espère trouver rapidement un coin pour passer la nuit car nous sommes arrivés assez tard. Impossible de trouver une vallée isolée, ici les camps de yourtes sont partout, on trouve donc un petit coin, pas optimal, mais qui nous permet de dîner et de passer la nuit. Après une soirée karaoké improvisée sous la tente, la nuit sera très froide, on était pas préparé, et on a empilé les couches au fur et à mesure de la nuit. Nous sommes bien contents de trouver le soleil à notre réveil !

2ème jour à Terelj

Le lendemain matin, pas de départ précipité, on prend le temps de petit déjeuner, et Gaëlle de faire une couronne de fleur avant de se mettre en route. 1ère mission trouver de l’eau ! On est presque à sec, on a clairement pas de quoi tenir la journée. C’est l’occasion pour nous de tester le MSR en conditions réelles ! Un trouve un ruisseau, et on commence notre remplissage. Mais un joli troupeau de vaches vient nous rendre visite, pour ne pas prendre de risque malgré nos modes de traitement, on s’arrête là pour le moment. Et on repart trouver un coin pour se poser car il est déjà l’heure du déjeuner. 30 minutes d’ascension plus tard nous voilà perché pour admirer la vallée. Faustine dort pendant que l’on prépare le repas royal ! Une légère averse s’invite à le fête. Rien pour s’abriter mais elle repart très vite et nous aussi ! On a un objectif pour l’après midi : rejoindre le temple.

2ème jour : Spot de déjeuner et doudou presque perdu

Alors on avance, mais on est stoppé dans notre élan par un bel orage… On finit trempé ! Mais la route n’est pas finie ! Le temps de rejoindre notre camp du soir on est sec et heureusement l’orage s’est éloigné et ne reviendra pas nous voir !

La journée à été difficile pour tout le monde alors le soir venu on est bien content de faire un feu de camp ! C’est normalement strictement interdit dans le parc, mais le lieu que l’on a choisi pour camper avait un ancien emplacement de feu, et nous étions à quelques pas d’une famille mongole qui vit dans le parc et qui ne nous a rien dit 🤷🏻‍♀️

3ème jour : visite du temple bouddhiste

La nuit sera par contre toute aussi froide, mais on est mieux préparé cette fois ! Pour la dernière journée au parc on fait plus cool, visite du temple sans nos sacs que l’on a laissés dans les tentes. Après midi sieste et balade de 45 min pour rejoindre notre chauffeur.

Résultat, on est super heureux de cette expérience ! Et on est très reconnaissant envers Gaëlle qui nous a permis de la vivre ! On connaît maintenant quelques ficelles pour le camping sauvage 😉

Passage à Oulan-Bator entre 2 excursions

Vivre avec les nomades dans le centre

Pour la suite on s’est rapproché d’un couple de français pour tenter une boucle de 7 jours dans le sud et le centre du pays. Mais renseignement pris, c’est un tour très court pour tout ce qu’il y a voir et une partie de la piste est très mauvaise, en plus de devoir passer jusqu’à 12h dans la voiture sur une seule journée. On décline donc. Et on se dit que ça va pas être drôle la Mongolie. Bien sûr on peut organiser un tour nous même en louant une voiture avec chauffeur, et en préparant nous même notre itinéraire. Le problème, c’est le prix, notre budget ne nous le permet pas. Et trouver des gens prêts à payer plus cher pour voir moins de choses nous paraît impossible.

C’était à nouveau sans compter sur notre hôte Nara. Bon, il faut dire que le tourisme est un vrai business et chaque occasion d’en profiter est bonne à prendre.

Il nous organise un « tour » avec lui de 5 jours dans le centre du pays, pour voir 2 familles nomades et Karakorum l’ancienne capitale du pays. Les temps de trajet sont d’après lui convenables pour nous, et surtout il part avec Enkhmaa (prononcer Arma) et Ayalguu (Aïdro) une petite fille de 4 ans.

Arrivée chez Shijree et sa famille

On appréhende un peu le départ, on a tellement entendu que les routes sont mauvaises et les temps de parcours très longs, on ne sait pas à quoi s’attendre avec Faustine. D’autant que les sièges auto ici sont (quasi) inexistant. Mais après 4h de route, dont une bonne heure sur piste, nous voilà arrivés chez Shijree et sa famille. 2 yourtes posées au milieu de la steppe. 1er constat, le climat est rude ici, nous sommes à la fin de l’été pourtant les rayons du soleil sont écrasants, et pas un arbre pour se mettre à l’ombre. C’est pareil pour le vent, ici rien ne l’arrête, alors quand il commence à souffler on ne peut pas l’éviter. Les yourtes sont bienvenues !

Préparation de la chèvre

On passe 3 nuits ici. Le temps de découvrir la vie simple des nomades et un peu de leur cultures. La chose la plus marquante est certainement la chèvre qu’ils ont tuée pour nous, devant nous, pour nous faire des repas traditionnels. D’abords l’animal est minutieusement découpé, rien n’est perdu. Puis des pierres sont placées dans le feu pour être chauffées à blanc. Et dans une grande marmite sont placés en alternance viande crue, pierres, et légumes. La marmite est refermée pour être placée sur le feu. Lorsque les pierres sont retirées du plat encore brûlantes, la tradition veut que chacun en prenne une et la passe d’une main à l’autre le temps qu’elle refroidisse. Le plus dur étant de ne pas se bruler, mais c’est très bon pour l’organisme d’après eux.

1er plat de viande, Faustine s’est régalée

Le plat est placé le soir au centre de la table sans aucun ornement ni faste, et chacun se sert les morceaux qu’il veut. Notre hôte nous en sélectionne quelques uns particulièrement savoureux. Le lendemain matin on nous sert le traditionnel thé au lait, c’est très bon, on en a bu des litres pendant notre séjour, et on fait tremper dedans des morceaux de viandes du plat de la veille. En fin de journée c’est au tour des tripes. Ils ont fait du boudin et un bouillon à partir du sang de la bête, et tous les abats sont placés dedans. Sur le même principe, le plat est au milieu de la table et chacun se sert. J’avoue que c’est le repas que l’on a le moins apprécié, le bouillon à un goût très fort. Mais nous avons goûté à presque tout, et Faustine à adoré le foie. Un dernier repas est préparé, celui composé de « beignets » traditionnels, les khuushuurs. Nara a fait ajouter du fromage dedans et c’est vrai que ça a plus de goût comme ça. Pour le reste c’est une pâte à base de farine et d’eau qui est étalée en petit rond, et que l’on plis en 2 avec la farce dedans, avant d’être placée dans un grand wok qui contient un fond d’huile. Ces beignets sont donc frits. Il existe une autre spécialité, le buuz, la farce est à peu près la même mais les beignets sont cuits à la vapeur, la pâte ressemble plus à une brioche.

La vie avec les bêtes

Pour le reste, nous avons observé la traite du matin, et comment est gardé le bétail qui est regroupé et dirigé plusieurs fois par jour. Le risque étant soit un mélange du troupeau avec celui du voisin, soit que le bétail ne s’éloigne de trop. Notre hôte possédait des chèvres et des moutons, mais impossible de lui demander combien, c’est très indiscret et mal perçu ici. C’est comme demander combien on gagne par mois 🤭

Binderya, le dernier de la famille de 5 ans nous a impressionné ! Il aide sa maman à mettre les vaches dans l’enclos, et son papa a diriger les troupeaux ! On l’a aussi vu monter à cheval et sauter sur le dos d’une chèvre ! Son surnom est Wild Bull ! Et on sait pourquoi !

L’intérieur de de la yourte dans laquelle nous avons dormi

On nous a souvent prévenu sur l’hygiène peu présente chez les nomades. Mais ça ne nous a pas vraiment posé de problème. Alors il n’y a pas d’eau courante, seul un gros bidon bleu est présent et l’eau (qui n’est pas potable pour nous pauvres européens…) sert à tout. Presque tout ce que l’on boit est bouilli (soupe ou thé au lait), ça ne nous a posé aucun problème. On pouvait tout à fait se laver rapidement chaque jour. Le seul problème étant l’intimité… Pas de quoi se « cacher » à l’extérieur et les yourtes sont ouvertes donc le va et vient est constant. Bref on était pas très à l’aise sur ce point. Donc nous avons fait très attention pour Faustine mais pour nous, minimum syndical et nous avons attendu notre douche à Oulan-Bator.

Un panneau solaire est présent et l’électricité sert en priorité à alimenter le frigo (oui ils ont un frigo !!!), le téléphone satellite (oui oui !), une lampe et la télé ! Connectés les nomades ! Bon on a demandé une fois à charger nos téléphones, on nous a fait comprendre que ce n’était pas vraiment possible.

Ensuite nous devions nous rendre à Karakorum l’ancienne capitale, mais notre hôte a finalement pensé que ça faisait beaucoup de route pour pas grand chose car la ville historique a été détruite. Et puis on était bien ici ! Nous sommes donc resté une nuit supplémentaire avec Binderya et sa famille.

À la recherche des traces du passé

Nous avons fait 2 « sorties ». La 1ère pour aller sur une colline dans les alentours, nous avons appris que les familles se donnent rdv à des endroits qui surplombent les vallées (un bon point de vue pour surveiller les alentours) pour se donner des nouvelles, discuter, bref comme le bistro du coin. Et si on croise un tas de cailloux chacun y apporte 3 pierres comme témoignage de son passage. Mais surtout à cet endroit, il y avait des traces du passé, gravés dans la roche divers animaux. Des mantras étaient aussi parsemés un peu partout. Une drôle de chasse au trésor, c’était très sympa.

Pour la 2ème, c’était plutôt pratico-pratique à la base, on est allé voir le ravitaillement en eau du troupeau. Les familles nomades de la vallée ont en commun un puit qui descend à 80m de profondeur pour pouvoir avoir de l’eau toute l’année. Le troupeau est divisé, mais malgré ça c’est la bataille au bord de l’abreuvoir, les bêtes se grimpent les unes sur les autres ! Et les humains en profitent aussi ! Bataille d’eau générale ! L’eau est glaciale, mais vu la température extérieure, ça fait beaucoup de bien ! Faustine a carrément mis la tête sous le tuyaux ! Ce qui a beaucoup surpris tout le monde. À la veillée suivante, nos hôtes nous en reparlent et nous disent qu’elle est très brave !

Mais voilà l’heure venue de changer de famille. Direction Little Goby, une bande de sable perdue au milieu de la verdure. L’endroit est assez magique, le sable est très fin, c’est très agréable de marcher pieds nus pour gravir les dunes ! On aura aussi la chance de faire un tour en chameau, une 1ère pour nous, ces grosses bêtes bien qu’assez nonchalantes sont impressionnantes. Leur pelage est très doux ! Ce n’est pas très confortable mais d’une efficacité assez incroyable pour marcher dans le sable et arpenter les dunes !

3 chameaux 6 passagers. Le fils de la famille est monté faire un tour avec Aurore

La nuit a été un peu agitée, nous sommes un peu fatigués, on décline donc la soirée qui prend forme dans la yourte d’à côté. D’autant que la barrière de la langue nous met un peu mal à l’aise. On se couche donc tôt. C’était sans compter sur l’alccol qui coule à flot et le bruit qui nous réveille plusieurs fois dans les heures qui suivent !

Pour se remettre de tout ça une soupe spéciale « lendemain de fête » nous est servie le midi C’est aussi ce qui est donné au bébé comme 1er aliment après le lait maternel. C’est donc un bouillon de viande, additionné d’une pâte à base de farine, et avec des petits morceaux de viande. On peut dire que ça colmate l’estomac ! Ce sera notre dernier repas avec les nomades il est l’heure de rentrer à Oulan-Bator !

Tentative d’approche du Gobi

Pour la dernière excursion c’est plus compliqué. Tout le monde nous dit que les trajets sont longs, que ce n’est pas possible pour Faustine, qu’il faut forcément un chauffeur qui connaît bien. Sauf que l’on a ni les moyens de prendre un chauffeur, ni le temps d’organiser un tour par nous même. En plus, bien que l’expérience dans le centre nous ait plue, on était assez inconfortables avec l’idée d’être « trimbalés » sans savoir la suite et ne comprendre que la moitié des choses.

On décide donc de se mettre en quête d’une voiture à louer pour y aller seuls. Comme nous sommes allés dans le centre en Prius, et que notre hôte à dormi dans le voiture, ça nous semble être une bonne option. C’est une nouvelle fois notre hôte qui nous trouve un « bon plan » car il nous loue la voiture avec laquelle nous sommes allés dans le centre. Et voilà, affaire conclue en moins de 24h, nous voilà repartis sur les routes direction le sud, juste après avoir acheté un siège auto !

1ère nuit et 1er midi avec notre Prius

Sauf que l’on se met en route assez tard dans la journée, avec les éternels bouchons d’Oulan-Bator, on ne peut rouler que 45 min avant que le jour ne décline. On dort donc très proche d’Oulan-Bator et la nuit est froide, très froide ! 3°C au moment où l’on repart… On repart d’ailleurs un peu en catastrophe car il pleut des trombes, on ne descend pas de la voiture, on prend un petit dej rapide et on se remet en route !

En fait on enchaine un peu les galères dans un paysage de rêve, c’est assez déconcertant !

Yolin Am
Yolin Am

Du Gobi nous ne verrons finalement que Yolin Am, une mignonne petite rivière au fond d’un canyon. On y fait 2h de balade sans un touriste à l’horizon. Ceux du matin sont repartis et ceux de l’après-midi pas encore arrivés.

Pneu crevé à Yolin Am
Après les galères à Yolin Am on craque sur une pizza et une chambre d’hôtel

Mais il a fallu s’y reprendre à 2 fois… Le premier jour nous avons crevé à 3km du parking… Sauf que le temps d’aller faire réparer le pneu (oui réparer… Ici on peut faire ça pour 2,30€ 😳) la journée était déjà bien entamée. Tout comme le moral des troupes… Ce jour là nous dormirons à l’hôtel. D’ailleurs on a même été surclassé ! On a pris la chambre la moins chère possible, dans un 3 étoiles car on ne voulait surtout pas avoir de mauvaise surprise. Et une dame à l’accueil à trouvé Faustine trop « cute » et du coup on a eu la catégorie au dessus ! Merci Faustine !

Et pour le reste on a tenté 2 fois de voir du sable 😣

La 1ère on s’est lancé dans une direction indiquée nulle part ailleurs que sur notre GPS… Erreur… Comme nous l’a dit notre hôte au retour, ici les GPS ont très souvent tord… Et la 2ème on était au milieu de rien pour voir passer un orage au dessus de la voiture en pleine nuit. Une nuit donc très écourtée et qui nous a fait rendre les armes. Le lendemain on a fait la route en 1 seule fois jusqu’à Oulan-Bator, on est arrivé à 22h exténués.

Vivre confiné dans un espace infini

Le bilan de cette expérience est mitigé. On a adoré la liberté offerte par la voiture, de pouvoir dormir où on veut. Mais à refaire il faudrait prendre à minima un 4×4 pour perdre moins de temps sur les pistes (on le savait mais on avait pas le budget). Bien que nous n’ayons pas atteint les points touristiques les plus connus, les paysages sont magnifiques, les couchés de soleil fabuleux. Enfin la barrière de la langue, ici rien n’est écrit, il n’y a pas de panneau, alors il faut demander, mais quand on ne parle pas la langue c’est compliqué. Ça nous a donné l’impression que le business du tourisme est bien gardé. D’ailleurs en repartant de Yolin Am un vieux chauffeur nous a fait comprendre qu’il n’aimait pas notre façon de faire 🤷🏻‍♀️

Dernier passage à Oulan-Bator, on en a profité pour voir un spectacle traditionnel

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